Le poêle à granulés sans électricité ambitionne d’allier la fiabilité d’un poêle à bois et l’autonomie d’un poêle à granulés dans le même appareil. Comme son nom l’indique, ce type de poêle fonctionne sans électricité ce qui implique une gestion manuelle des allumages et de la puissance de combustion. On l’utilisera donc principalement comme un chauffage d’appoint ou dans des lieux isolés du réseau électrique. Retour sur ces appareils plutôt rares sur le marché du chauffage au bois mais très populaires.
Définition : Un poêle à granulés sans électricité se comporte comme un poêle à bois à la différence près que l’alimentation en combustible est gérée automatiquement. Le réservoir, situé au-dessus de la chambre de combustion, stocke des granulés. Ceux-ci descendent par gravité dans le brasero, ce qui permet de maintenir un feu constant aussi longtemps qu’il reste des pellets dans la trémie. Pour le reste, l’utilisateur gère la puissance de combustion de façon mécanique en faisant varier l’arrivée d’air (grâce à un potentiomètre). Les allumages et les extinctions restent bien sûr manuels.
Le poêle à granulés sans électricité se situe donc entre le poêle à bois (gestion de la combustion, fiabilité) et le poêle à granulés (réservoir pour une journée d’autonomie).
Langage publicitaire : Mais attention, certains fabricants de poêles à bois qualifient leurs appareils de « poêles à granulés sans électricité » en proposant un simple réceptacle à pellets à positionner dans la chambre de combustion en lieu et place des bûches.
Sur ces produits, Il n’y a donc pas véritablement de réservoir et l’autonomie est bien plus limitée.
Plus précisément, un poêle à granulés sans électricité suit les phases de fonctionnement suivantes :
Allumage : L’utilisateur actionne un levier ou un mécanisme qui a pour effet d’ouvrir une trappe entre le réservoir et la chambre de combustion. Les granulés descendent le long d’un toboggan pour remplir le creuset, sous l’effet de la seule gravité. L’usager les enflamme à l’aide d’un allume feu.
Combustion : On trouve deux écoles sur ce point. Soit l’utilisateur gère la combustion uniquement en réglant l’arrivée d’air. Une faible entrée d’air implique une petite flamme et une faible puissance du poêle. Et vice versa. C’est le système privilégié par le fabricant italien Laminox. Il a l’intérêt d’être très simple et très fiable mais la combustion se trouve dégradée à puissance réduite.
Gestion de la combustion par réglage de l’arrivée d’air (Laminox)
Soit l’usager a la possibilité de jouer également sur la quantité de granulés brûlés. Pour cela, il peut faire varier l’ouverture de la trappe entre le réservoir et le brûleur. La combustion est plus précise mais cela implique un mécanisme à ressort qui peut être une source de panne. C’est l’approche choisie par le fabricant allemand Koppe.
Dosage de la puissance selon la quantité de granulés brûlés
Rechargement : Le poêle peut être rechargé pendant le fonctionnement de l’appareil. Selon la puissance utilisée, le réservoir offre le plus souvent une dizaine d’heures d’autonomie. On perçoit bien ici l’intérêt par rapport à un poêle à bois que l’on doit alimenter toutes les 45 minutes environ.
Rechargement : Le poêle peut être rechargé pendant le fonctionnement de l’appareil. Selon la puissance utilisée, le réservoir offre le plus souvent une dizaine d’heures d’autonomie. On perçoit bien ici l’intérêt par rapport à un poêle à bois que l’on doit alimenter toutes les 45 minutes environ.
Extinction : L’appareil peut être éteint à tout moment en rebasculant le levier dans sa position initiale. Cela ferme l’accès au toboggan et arrête l’alimentation en combustible. L’extinction peut prendre une quinzaine de minutes le temps que les derniers granulés se consument.
Nettoyage – 7 minutes : Une fois le poêle froid, un entretien régulier s’impose. Au programme, raclage du toboggan (pour que les granulés glissent toujours bien), des échangeurs de chaleur, nettoyage du brûleur et de la vitre, vidange du cendrier. L’opération est rapide mais il s’agit d’une contrainte à prendre en compte.
De par leur fonctionnement indépendant du réseau électrique, les poêles à granulés sans électricité trouvent leur utilité dans les cas suivants.
Chauffage d’appoint : Utilisation en tant que chauffage d’appoint dans une maison en complément d’un chauffage principal afin de bénéficier d’un prix du combustible intéressant et du plaisir de la flamme.
L’installation de ce type de poêle pourra se faire en remplacement d’un poêle à bois pour bénéficier d’une autonomie plus importante, d’une manutention moins fréquente et d’un entretien moins contraignant.
Chauffage sur site isolé : Utilisation sur des sites isolés du réseau électrique du type chalets, refuges, cabanes de pêcheurs…
Les poêles à granulés sans électricité atteignent un rendement d’environ 85 % selon les produits. Ce sont donc des appareils performants. A titre de comparaison, on se situe 5 points au dessus d’un poêle à bûches et 5 points en deçà d’un poêle à granulés classique.
Poêle à granulés sans électricité Koppe Pinto
Pour autant, beaucoup de poêles à granulés sans électricité ne sont pas éligibles aux aides financières. Cela s'explique car ils sont considérés d'un point de vue administratif comme des poêles à granulés classiques dont la combustion est optimisée de façon électronique. Alors qu’en pratique, ils fonctionnent plutôt comme des poêles à bois avec une gestion manuelle de la combustion.
L’installation d’un poêle à granulés sans électricité est réservée aux professionnels ou aux bricoleurs bien accompagnés. Le tirage correct de l’installation est en effet indispensable au bon fonctionnement du produit. Le poseur portera notamment attention aux points suivants :
Conduit d’évacuation des fumées : Il doit respecter le diamètre préconisé par le fabricant (80 à 150 mm selon les produits) et déboucher au dessus du faîtage (pose en ventouse interdite). Un modérateur de tirage est le plus souvent préconisé par les constructeurs (+ 250€). Un té d’inspection en partie basse permet de ramoner facilement le conduit.
Prise d’air : Elle assure l’apport en oxygène nécessaire à la combustion. Idéalement, il faut opter pour une amenée d’air par conduit qui donne directement sur l’extérieur (ou sur une pièce en permanence ventilée sur l’extérieur). Une arrivée par orifice (un trou dans le mur sans conduit vers le poêle) est à éviter car il peut y avoir une concurrence avec un système de ventilation ou une hotte de cuisine. Elle n’est d’ailleurs pas admise dans le neuf.
Test de tirage : La seule façon de s’assurer du bon fonctionnement de l’appareil est de réaliser des mesures de tirage au moins à puissance nominale et à puissance minimale. Les mesures de dépression obtenues devront être comparées à celles indiquées par le fabricant.
Distances de sécurité : L’installation doit respecter les distances de sécurité vis-à-vis des matériaux combustibles. Par rapport au conduit de fumées (valeurs définies par la réglementation ou par un avis technique du conduit) mais aussi par rapport au poêle (distances précisées par le fabricant).
Il n’est pas rare de voir les constructeurs vanter des poêles à granulés sans électricité comme étant bien plus économes en électricité que les poêles à granulés traditionnels. Vérité établie ou simple argument commercial ?
Par rapport à un poêle à granulés traditionnel : Un poêle à granulés traditionnel consomme au maximum 400 W à l’allumage pendant 10 minutes (bougie d’allumage qui enflamme les granulés) puis 50 W en fonctionnement environ. En considérant un appareil qui s’allume trois fois par jour (0.2 kWh) et fonctionne 16 heures (0.8 kWh) pendant 8 mois de l’année, on obtient une facture annuelle totale de 55€ TTC pour un prix de 0.23€ le kWh. Cet argument est donc clairement abusif.
Par rapport à un chauffage électrique : En revanche, si vous choisissez ce mode de chauffage en complément d’un chauffage électrique, les économies sont significatives car le prix au kWh du granulés de bois (12 centimes) est environ deux fois moins cher que le kWh électrique (23 centimes).
Le poêle à granulés sans électricité se destine aux personnes qui souhaitent un appareil de chauffage fiable et sans dépendance au réseau électrique, tout en ayant une autonomie plus intéressante que sur un poêle à bois. Ce type d’appareil ne reste néanmoins qu’un chauffage d’appoint pour une maison traditionnelle car il n’y a pas d’allumage automatique ou de programmation. Il peut aussi constituer un chauffage principal sur sites isolés (chalets, cabanes) qui ne bénéficient pas d’une couverture par le réseau électrique.