Les poêles à granulés dits « étanches » sont souvent source de confusion. En effet, il n’est pas rare d’obtenir des avis totalement contradictoires sur l’obligation ou non d’installer un poêle « étanche ». Cette difficulté est liée à l’ambiguïté du terme « étanche » qui recouvre en fait deux cas bien distincts.
Pour bien comprendre la notion de poêles « étanches », il faut avoir une vue globale des installations possibles :
Zone 1 (toujours à privilégier) : Pour une installation en zone 1, l’évacuation des fumées se fait 40 cm au-dessus du faitage ce qui fait que le vent influence le moins possible le tirage.
Zone 2 (ventouse verticale) : Le conduit d'évacuation des fumées sort au niveau de la toiture sans dépassement du faitage (zone de turbulences).
Zone 3 (ventouse horizontale) : Le conduit d'évacuation des fumées débouche au niveau de la façade (zone de turbulences).
Les installations en zones 2 et 3 s’envisagent quand une installation en zone 1 n’est pas possible.
Définition : La première interprétation du terme « étanche » concerne une installation « en configuration étanche ». Cela signifie que l'air comburant (l'air qui arrive vers le poêle pour assurer la combustion) est pris directement à l'extérieur de la maison. On parle aussi de fonctionnement « indépendant de l’air ambiant ».
Par exemple, l'air comburant est amené depuis l’extérieur par un flexible de diamètre 50 à 80 mm selon les produits. De cette manière, le poêle « étanche » n’interfère pas avec l’air intérieur et ne perturbe pas le bon fonctionnement des autres appareils qui manipulent l'air (VMC ou hotte).
Quelle installation ? Un poêle en « configuration étanche » s’installe le plus souvent en zone 1.
Neuf ou rénovation ? Une installation en « configuration étanche » est indispensable dans le neuf pour respecter les exigences d'étanchéité à l'air. En rénovation, elle demeure la solution à privilégier pour éviter de dégrader la qualité de l'air intérieur et garantir un apport d’air suffisant.
Quels sont les poêles compatibles ? Aujourd’hui, la quasi-totalité des poêles à granulés possèdent une arrivée d’air directe. En terme de marketing, ils sont souvent présentés comme « compatibles RE 2020 » ou « indépendants de l’air ambiant ». Pour le vérifier, il suffit de regarder le schéma technique. A l’arrière du poêle, on doit voir un orifice prévu pour l’entrée d’air à proximité de l’évacuation des fumées.
Définition : Un poêle à granulés « certifié étanche » doit pouvoir prévenir d’un refoulement de fumées dans l’habitation en cas de surpression liée au vent.
Quelle installation ? Un poêle « certifié étanche » peut donc être installé en ventouse (zone 2 et zone 3) selon certaines conditions. On utilise le plus souvent un conduit concentrique, lui aussi certifié. Il permet à la fois l’évacuation des fumées et l’arrivée d’air comburant. Cela facilite la gestion de l'arrivée d'air en évitant de percer l'enveloppe de la maison.
Neuf ou rénovation ? Pour une pose en zone 1, un poêle à granulés certifié étanche n’est jamais obligatoire que ce soit pour le neuf ou pour la rénovation. En zone 2, un poêle certifié étanche est obligatoire en neuf et en rénovation. En zone 3, la pose est INTERDITE dans le neuf mais autorisée en rénovation avec un poêle à granulé « certifié étanche ».
Qui certifie les poêles à granulés ? Le plus souvent, il s’agit du Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Un poêle "étanche par le CSTB" doit :
être hermétique (débit de fuite Inférieur à: 0,25 m3/kW).
résister aux pressions d'air sous 50 pascals.
Les fabricants peuvent aussi passer par un laboratoire externe comme Céric (laboratoire de Poujoulat). Ils engagent alors leur responsabilité en cas de litige.
Quels sont les poêles compatibles ? Ceux qui disposent d’un avis technique du CSTB. Comme la certification est onéreuse, les poêles à granulés d’entrée de gamme sont rarement certifiés étanches. Pour savoir si un poêle à granulés est bien certifié, il suffit le plus souvent de taper « nom du poêle + CSTB » sur un moteur de recherche afin de trouver le document détaillant les conditions d’installation.
Points de vigilance : L’installation en ventouse reste très contrainte, notamment la zone 3 qui présente les risques suivants :
Noircissement de la façade si les fumées sont rabattues par le vent et condensent.
Mis en sécurité du poêle si pression de l’ensemble du circuit de combustion par l’effet du vent sur la façade.
Voici un résumé des installations conformes en fonction de la zone (1,2,3) du type de poêle (certifié étanche ou non) et du conduit d'arrivée d'air (concentrique ou non) :
On retiendra qu’un poêle « étanche » est souvent source de confusion car le terme recouvre deux cas bien différents et la plupart du temps, les interlocuteurs ne parlent pas de la même chose.
Le premier cas concerne un fonctionnement « indépendant de l’air ambiant ». On peut vérifier cette information en regardant à l’arrière du poêle si une arrivée d’air directe est présente. Il s'agit d'un orifice de 50 à 80 mm de diamètre. Vous trouverez plus d’informations sur notre article dédié à l’installation d’un poêle à granulés en zone 1.
Le second cas correspond à une installation en « ventouse » et suppose que le poêle à granulés soit « certifié étanche » par un laboratoire.