Les granulés de bois sont de petits cylindres issus du compactage des déchets de l'industrie bois. Grâce à leur combustion, un poêle à granulés produit de la chaleur.
Son fonctionnement se décline en 3 phases :
Phase de démarrage (10 minutes) : A l’allumage, une vis sans fin (1) activée par un motoréducteur (2) alimente le foyer en granulés (3) à partir du réservoir. Dans le même temps, l’extracteur des fumées (5) amène l’air comburant. Une bougie d’allumage (4) vient enflammer ce mélange air/granulés : la combustion commence.
Phase de combustion : Cette combustion est par la suite entretenue toute seule par la chute régulière des granulés. Le poêle dose tout seul la quantité de combustible et d’air nécessaire pour satisfaire la température désirée. Le plus souvent, un ventilateur (6) diffuse la chaleur dans la pièce. L’extracteur (5) évacue les fumées vers le conduit de cheminée.
Phase d’extinction (20 minutes) : Le poêle se refroidit pour être prêt à démarrer un nouveau cycle.
On retiendra que le poêle à granulés est un système automatique et programmable ce qui lui confère une grande souplesse d’utilisation par rapport au poêle à bois. En contrepartie, l’électronique qui apporte ce « confort » peut aussi être une source de panne (la bougie d’allumage est une pièce d’usure par exemple).
Rendement : Les poêles à granulés sont des appareils performants. Leur rendement se situe autour de 85 à 90%, c’est 12 points de plus en moyenne que pour un poêle à bois car la combustion est optimisée.
Pour être éligibles aux aides financières, les poêles à granulés doivent respecter les exigences du label « Flamme Verte 7 étoiles » (les performances sont obligatoires mais le label reste facultatif).
Des tests en laboratoire de l'UFC Que Choisir notent par ailleurs que le rendement affiché par les fabricants se retrouve désormais dans le foyer « à 2% près ». Ce n'était pas le cas il y a encore quelques années.
L’Ademe a réalisé de son côté des tests « en situation réelle ». Il en ressort que le rendement réel est de 85% soit une différence autour de 5 points avec la fiche technique. Cela reste très satisfaisant mais encore perfectible. Cette étude met notamment en évidence qu’un tiers du panel voit son rendement chuter de 8 à 20 points lors d’un fonctionnement à allure réduite. Elle conseille donc de ne pas surdimensionner les appareils.
Bilan environnemental : Le poêle à granulés utilise une ressource renouvelable et son bilan carbone est très faible. Il se situe autour de 30 g de CO2 par kWh. A titre de comparaison, comptez plutôt 324 g pour une chaudière au fioul.
On trouve plusieurs technologies pour diffuser la chaleur selon les appareils :
Les poêles à granulés ventilés : Ils sont dotés d’une soufflerie pour une diffusion rapide de la chaleur. Selon les modèles, elle est orientée vers l’avant ou vers le haut.
A gauche, ventilation frontale. A droite, ventilation supérieure.
Les poêles à granulés à convection naturelle : L’air ambiant s’engouffre en partie basse puis remonte le long de l’appareil où il est en contact avec un échangeur de chaleur. L’air chaud ressort ensuite en partie haute sans nécessité d’une ventilation. Ces poêles sont donc plus silencieux mais diffusent moins loin la chaleur.
Sur un poêle à convection naturelle, l’air chaud ressort en position haute.
Les poêles à granulés canalisables : Ils sont pourvus d’un ventilateur supplémentaire pour chauffer une pièce adjacente. Ils s’adaptent donc bien à une habitation un peu cloisonnée (cuisine fermée par exemple).
Un poêle à granulés canalisable peut chauffer un espace cloisonné à proximité..
Position du poêle : Le mode de diffusion de la chaleur joue un rôle dans la position du poêle. Voici un récapitulatif.
Ventilation Frontale : Plutôt plain-pied 100 m² / Mur périphérique Base escalier
Ventilation supérieure : Plutôt étage 100 m² / Centrale
Convection naturelle : Plutôt étage 100 m² / Centrale
Canalisable : Pièce cloisonnée Jusqu’à 120 m² / Près pièce cloisonnée
La puissance d’un poêle à granulés s’exprime en kW et va généralement de 6 à 14 kW. Toutefois, il faut considérer qu’un poêle à granulés chauffe essentiellement la pièce dans laquelle il est installé. On le dimensionne donc généralement pour le salon et les espaces ouverts sur celui-ci : cuisine, couloir, hall… Les pièces fermées, comme les chambres, doivent posséder un chauffage indépendant même si le poêle peut contribuer à leur chauffage en laissant les portes ouvertes.
Un poêle à granulés ne pourra pas chauffer toute une maison de façon homogène.
C’est au professionnel de définir finement la puissance de l’appareil lors de sa visite technique. On peut cependant donner cet ordre de grandeur selon le volume à chauffer :
Exemple : Une surface à chauffer de 80 m² avec une hauteur sous plafond de 2.5 mètres a un volume de 200 m3 (80 x 2.5). Avec une isolation moyenne et un climat tempéré, la puissance indicative est de 8 kW (200*40 = 8 000 W).
Pour qu’un poêle à granulés fonctionne bien, il faut obligatoirement un apport d’air nécessaire à la combustion et une évacuation des fumées. Plusieurs configurations sont possibles.
Installation classique : Sur une installation classique, la sortie des fumées doit impérativement se faire en zone 1, au dessus du faîtage. L’air comburant est le plus souvent pris à l’extérieur par un conduit séparé.
Tous les poêles à granulés sont compatibles avec une pose en zone 1
Installation en ventouse : Sur une installation en ventouse, la sortie des fumées peut se faire sans dépassement du faitage en zone 2, ou directement côté façade en zone 3. L’arrivée d’air se fait généralement par un conduit concentrique ce qui évite de faire un trou dans la maison. Une pose en ventouse est donc moins contraignante mais elle reste réservée aux poêles à granulés certifiés étanches.
Une pose en zone 3 requiert un poêle à granulés étanche.
Programmation : L’intérêt majeur des poêles à granulés est leur caractère automatique et programmable. On peut ainsi trouver une maison chaude à son réveil, contrairement à un poêle à bois. Toutefois, toutes les cartes électroniques n’offrent pas les mêmes possibilités en termes d’intuitivité ou de réglages (limite de 2 plages programmables par jour par exemple). Le marché tend vers les poêles connectés pour un pilotage à distance mais tous ne proposent pas encore cette option.
Régulation : Autre avantage, ces appareils ajustent automatiquement leur puissance pour répondre à la consigne demandée. La plupart du temps, les poêles à granulés chauffent avec une amplitude de 1°C. Par exemple, avec un réglage à 21°C, ils démarrent à 20°C et s’éteignent à 22°C. Cette sensibilité peut être réglable ou non selon les modèles.
Rechargement : Un réservoir standard possède une capacité d’environ 20 kg ce qui impose un rechargement quotidien au cœur de l’hiver. Les modèles les plus généreux peuvent aller jusqu’à 50 kg (3 jours d’autonomie).
Stockage des granulés : Le stockage des granulés prend de la place d’autant qu’il faut les entreposer au sec et si possible à proximité du poêle pour éviter les transports fréquents. Un sac de granulés mesure environ 55 cm de profondeur, 40 cm de largeur et 15 cm d’épaisseur. Comptez 65 sacs pour une tonne de pellets soit un volume de 0,7 m3.
Entretien régulier : Le poêle à granulés n’est pas un système sans entretien même si celui-ci reste bien moins contraignant que sur un poêle à bois. En effet, un nettoyage quotidien est nécessaire au niveau du creuset afin que les résidus de combustion ne bouchent pas les orifices d’arrivée d’air. Cette opération prend 5 minutes environ mais nécessite que le poêle soit éteint. Les appareils les plus sophistiqués sont munis d’une grille de décendrage qui espace les entretiens ou d'une arrivée des granulés par le bas (nettoyage automatique).
Cette routine est à bien prendre en compte dans l’utilisation.
Il faut aussi nettoyer la vitre lorsqu’elle est sale pour profiter de la vision du feu. Le cendrier se vide quant à lui toutes les deux semaines environ.
Entretien exceptionnel : Une maintenance exceptionnelle par un technicien qualifié est impérative chaque année pour garantir les bonnes performances de l’appareil et la sécurité de l’installation. Concernant le ramonage, il doit être effectué par un professionnel au moins une fois par an et donner lieu à une attestation de conformité dans un délai de 15 jours (décret n° 2023-641).
Bruit : On reproche souvent aux poêles à granulés d’être bruyants. Si les fabricants ont fait de gros efforts sur ce point, tous les modèles ne se valent pas, loin de là.
Plusieurs critères principaux sont ici à prendre en compte :
La soufflerie, Elle doit pouvoir se régler de façon autonome, de 1 à 5 le plus souvent. Un mode « silence » (vitesse 0 = arrêt) peut être un plus.
La Vis sans fin, Elle doit tourner en continu pour être parfaitement silencieuse.
Le Creuset, Préférez plutôt un creuset en fonte (lourd) à un creuset en acier (léger). Il sera plus efficace pour atténuer le son de la chute des granulés.
Poids : La masse des produits est souvent proportionnelle à la qualité matérielle. Un poêle à granulés de bonne facture pèse autour de 80 kg. Les écarts constatés vont de 60 à 200 kg.
Bougie d’allumage : Les nouvelles bougies en céramique ou en quartz remplacent progressivement celles en acier. Elles équipent la plupart des nouveaux appareils mais ce n’est pas toujours le cas sur l’entrée de gamme. Elles permettent un allumage plus rapide et disposent d’une meilleure durée de vie théorique. Elles restent toutefois deux fois plus coûteuses.
Rayonnement et double vitre : Une simple vitre offre un rayonnement bien meilleur en façade (sensation d’un petit soleil à proximité du foyer).
Les appareils « design » sont souvent dotés d’une double vitre, très esthétique, mais qui coupe une part de rayonnement.
Empiètement dans la pièce de vie : Un poêle à granulés peut prendre plus de place qu’escompté. Pour limiter la distance au mur, vous pouvez vous orienter vers un modèle qui se raccorde directement sur le dessus (plutôt que par l’arrière) ou opter pour un poêle plat.
Les poêles à granulés sont des produits de grande consommation que l’on peut se procurer quasiment partout. Pour autant, toutes les enseignes n’offrent pas la même qualité de « service » et chacun fera son arbitrage selon ses attentes.
Magasins spécialisés : Un professionnel spécifiquement formé vous délivre des conseils avant votre achat (choix du modèle, puissance), pendant la pose (utilisation et entretien) et après (entretien annuel, dépannage). Le plus souvent, un showroom expose des poêles en fonctionnement et le catalogue de produits est assez large. En contrepartie, le prix des poêles est souvent plus cher.
Grandes surfaces de bricolage ou de jardinage : Les poêles proposés sont souvent moins coûteux à prestations égales mais le catalogue est moins fourni. Aussi, il n'est pas évident de trouver des conseils qualifiés et les devis restent payants (50€, déduits si le projet se concrétise). Le principal point de vigilance vient du fait que la GSB sous-traite la pose et que vous ne pouvez pas rencontrer le professionnel avant sa visite technique. Selon les marques, il est possible que la responsabilité de l'installateur se limite à la pose et que le SAV soit assuré par un prestataire différent.
Internet : Un achat sur internet permet de bénéficier d'un prix très compétitif mais suppose des compétences solides pour installer et dépanner vous-même votre appareil. Il faut s’assurer que le site marchand dispose d’un réel SAV pour vous accompagner techniquement sur la durée de vie du produit. Généralement, les magasins de vente spécialisés proposent un bon niveau de service.
Une offre en ligne trouvera son public auprès des bons bricoleurs.
PRIX D’UN POÊLE À GRANULÉS
Prix hors pose : Le prix des poêles à granulés hors pose varie de 1 000€ à 5 500€ HT. Le design et le caractère « étanche » des appareils sont probablement les critères qui influencent le plus le montant des appareils même si on trouve aussi des différences techniques. Sans surprise, c’est sur internet que les prix sont les plus compétitifs.
Prix posé : Le prix moyen d’un poêle à granulés posé par un professionnel est d’environ 6 500€ HT sans tenir compte des aides financières en vigueur. La facture dépend la complexité de l’installation et la quantité de fumisterie mise en œuvre.
Prix de l’énergie : Au final, l’investissement reste donc plutôt attractif d’autant que les granulés de bois restent une énergie compétitive à l’utilisation. Ils sont notamment deux fois moins chers que l’électricité.