Fiable, économique et écologique, le poêle à bois est un chauffage d’appoint particulièrement apprécié d’autant qu’il apporte un vrai cachet à la maison. Toutefois, tous les appareils ne se valent pas et il n’est pas évident de s’y retrouver tant l’offre est fournie.
Combustion du bois : En présence d’oxygène, du petit bois sec et du papier sont brûlés à l’aide d’un allume feu. Ils enflamment à leur tour les bûches. La combustion du bois (et des gaz créés à cette occasion) dégagent de la chaleur.
Diffusion de la chaleur : La chaleur est diffusée par rayonnement direct à travers la vitre et par convection naturelle autour du poêle. Il n’y a donc pas de soufflerie pour « pousser » la chaleur comme sur un poêle à granulés ce qui fait qu’il fait souvent très chaud autour du poêle. A noter que certains poêles à bois peuvent être canalisables pour mieux diffuser la chaleur dans les pièces adjacentes à l’appareil.
1. Air comburant - 2. Evacuation des fumées
3. Convection naturelle - 4. Rayonnement
Evacuation des fumées : Un poêle à bois fonctionne par tirage naturel. Comprenez que les fumées s’échappent « naturellement » par le conduit de cheminée grâce à la différence de pression entre les températures élevées de la chambre de combustion et l’air extérieur au niveau de la sortie de cheminée.
A retenir : Les poêles à bois sont des systèmes assez simples et sans électronique. Ils sont donc extrêmement fiables et autonomes par rapport au réseau électrique. Les poêles à bois récents sont très performants et constituent une solution écologique s’ils sont bien utilisés.
En contrepartie, toute la gestion du poêle à bois est manuelle (allumage, rechargement) ce qui en fait avant tout un chauffage d’appoint avec un entretien quotidien.
Rendement : Les poêles à bois récents atteignent des rendements autour de 80% grâce à une bonne circulation de l’air dans la chambre de combustion. Elle permet de brûler à la fois le bois (combustion primaire) mais aussi les gaz de combustion (combustion secondaire ou post-combustion). Cela se traduit en pratique par plusieurs arrivées d’air :
Air primaire, sous le foyer / Air secondaire, au niveau de la vitre / Air tertiaire, à l’arrière du foyer
Les poêles à bois sont donc bien plus performants que les cheminées « ouvertes » avec un rendement énergétique très faible (environ 10%) et un rejet de particules très important. Mais cela ne concerne que les produits récents. En effet, l’Ademe estime qu’un poêle datant des années 1997 à 2004 avait un rendement de 65%. Il y a donc un intérêt économique et écologique à changer un vieil appareil.
Label Flamme verte 7 étoiles : Ce label vous oriente vers un appareil efficace qui affiche au minimum les performances détaillées. A noter que pour prétendre aux aides financières, le poêle à bois doit obligatoirement respecter ces critères techniques.
Rendement énergétique (≥ 75%)
Émissions de monoxyde de carbone (≤ 1500 mg/Nm3)
Émissions de particules (≤ 40 mg/Nm3)
Attention aux appareils premiers prix qui ne remplissent pas toujours ces impératifs.
Les meilleures performances du poêle à bois sont obtenues à puissance maximale, il faut donc la déterminer avec soin. C’est à votre installateur qu’incombe cette tâche. La puissance maximale se calcule en fonction de nombreux critères : situation géographique, isolation, volume à chauffer, température souhaitée, tirage, apports bioclimatiques…
Il ne faut pas surdimensionner le poêle au risque de dégrader ses performances.
Notons également qu’il faut uniquement considérer le volume « à chauffer » et non celui « de toute la maison ». Les règles professionnelles recommandent de ne prendre en compte que le salon et les pièces ouvertes sur celui-ci. Les pièces fermées comme les chambres doivent bénéficier d’un chauffage indépendant.
Dans le cas d’un poêle à bois sous-dimensionné, l’appareil peinera à réchauffer la maison et devra fonctionner en sur-régime ce qui entrainera une usure prématurée. Veillez à toujours bien respecter les charges de bois prévues dans la notice, généralement 2 à 3 kg de bois maximum. En effet, les pièces en contact directement avec le feu (vitre, revêtements) et susceptibles d’être endommagées suite à une mauvaise utilisation, ne sont généralement pas couvertes par la garantie.
Dans le cas d’un poêle surdimensionné, la chaleur dégagée à puissance nominale sera trop intense pour être supportable. Le poêle sera donc utilisé en sous-régime pour limiter la chaleur. Dans ces conditions, la combustion ne sera pas optimale ce qui entrainera une plus grande pollution et un encrassement précoce du poêle et du conduit de fumées. Dans le doute, préférez donc la puissance la plus faible quitte à recourir à un appoint les jours les plus froids (chauffage électrique par exemple).
Dans tous les cas, il convient de refaire l’isolation du logement avant d’installer un poêle à bois de manière à dimensionner au mieux l’appareil. Pour les maisons neuves où les besoins sont très faibles, des poêles de très petites puissances se développent (4 kW).
L’installation d’un poêle à bois nécessite un conduit de fumée vertical (pour l’évacuation les résidus de combustion) et une arrivée d’air suffisante (pour assurer une bonne combustion). Voici ce que l’on peut retenir concernant l’installation d’un poêle à bois.
Position de l’orifice extérieur : Un poêle à bois doit être installé en « zone 1 » comme précisé dans l’arrêté du 22 octobre 1969 relatif aux conduits de fumée desservant des logements (article 18) :
« Les orifices extérieurs des conduits à tirages naturels, individuels... doivent être situés à 0,40 mètre au moins au-dessus de toute partie de construction distante de moins de 8 mètres. En outre, dans le cas de toitures terrasses ou de toits à pente inférieure à 15 degrés, ces orifices doivent être situés à 1,20 mètre au moins au-dessus du point de sortie sur la toiture et à 1 mètre au moins au-dessus de l’acrotère lorsque celui-ci a plus de 0,20 mètre. »
Un tubage est-il obligatoire ? Dans les textes, un tubage n'est pas forcément obligatoire si le conduit est conforme. Dans les faits en revanche, un tubage est souvent mis en place par l'artisan qui prend la responsabilité de l'installation. Dans le cas contraire, il faut pouvoir prouver par un examen que le conduit de cheminée est bien conforme : étanchéité des fumées, résistance aux températures...
Voilà ce que dit le DTU 24.2 : « Pour les conduits existants n'ayant pas de désignation, un examen du conduit et de son installation doit permettre de déterminer une désignation selon la norme NF DTU 24.1 P1. A défaut de pouvoir déterminer la compatibilité, le conduit existant est considéré comme inadapté en l'état. Dans ce cas, le chemisage ou le tubage du conduit peuvent permettre sa réutilisation ; la construction d'un nouveau conduit peut également être envisagée. »
Pour assurer une combustion optimale, un poêle à bois a besoin d’oxygène qu’il trouve dans l’air. Cet air comburant peut être amené de deux manières :
Soit il est pris directement dans la pièce où est installé l’appareil (déconseillé)
Soit il est pris en dehors de la maison. On parle alors d’une installation en « configuration étanche »
Une installation en « configuration étanche » ne présente que des avantages. D’abord, on est sûr que l’arrivée d’air sera suffisante. Ensuite, on évite de mettre la maison en dépression. En effet, sans arrivée d’air dédiée, l’air pris directement dans la maison est remplacé par de l’air extérieur froid qui s’infiltre par les défauts d’étanchéité ou les orifices de ventilation.
A gauche, arrivée d'air dédiée par le dessous (invicta). A droite, arrivée d'air dédiée par l'arrière (Rika)
Une pose en « configuration étanche » est par ailleurs indispensable dans les maisons neuves. Attention cependant car tous les poêles à bois ne sont pas compatibles avec une installation en « configuration étanche », il faut bien s’assurer que le poêle dispose d’une arrivée d’air dédiée (notice de l’appareil). Son diamètre est généralement compris entre 80 et 120 mm.
Le poêle à bois ne peut pas être considéré comme un chauffage principal dans les maisons neuves si on s’en réfère à la fiche d’application relative à la « prise en compte des appareils indépendants de chauffage à bois dans les maisons individuelles ou accolées ». Ce document précise que les appareils « qui ne sont pas dotés d’un dispositif d’arrêt manuel et de réglage automatique en fonction de la température intérieure » comme les poêles à bois ne peuvent être utilisés qu’en appoint. En revanche, il n’y a aucun problème pour les poêles à granulés.
Combustion : L’utilisateur doit veiller à choisir une puissance adaptée pour ne pas que le poêle tourne au ralenti, à utiliser du bois bien sec et à réaliser un allumage par le haut. Si ces conditions sont réunies, le poêle à bois est une solution performante et écologique qui limite efficacement le recours aux énergies fossiles.
Allumage inversé ou « top down » (du haut vers le bas)
Entretien : Un entretien quotidien est nécessaire pour assurer une bonne circulation de l’air au niveau de la grille foyère. La vitre se nettoie également régulièrement. Les appareils dotés d’un système « vitre propre » (lame d’air qui balaye l’intérieur de la vitre) sont plus confortables de ce point de vue. Plus ponctuellement, on vide le bac à cendres avant que les cendres n’atteignent le fond du foyer.
Ramonage : Un ramonage par un professionnel est obligatoire une fois par an pour un coût d'environ 60€ (décret n° 2023-641). L’Ademe précise qu’un second ramonage est nécessaire en cas d’utilisation intensive (plus de 10 stères par an).
Il faut avant tout choisir un poêle à bois d’une puissance adaptée de façon à tirer les meilleures performances de l’appareil. Un professionnel Qualibois pourra réaliser un dimensionnement précis et installer le chauffage dans les règles de l’art. La certification Qualibois est d’ailleurs indispensable afin de bénéficier des aides financières en vigueur. Au niveau du produit, assurez vous de choisir un poêle avec un rendement élevé (autour de 80%) et une masse suffisante (90 kg). D’autres critères plus secondaires peuvent également jouer : design, manteau accumulateur, taille des bûches, options d’ergonomie…