A la fois économique à l'usage et indépendant de l'électricité, le poêle à bois continue de séduire dans un contexte énergétique tendu. Il constitue en effet un chauffage d’appoint particulièrement pertinent, notamment en complément d’une chaudière à énergie fossile (fioul ou gaz) ou de radiateurs électriques. Cependant, son installation reste délicate et définie par le DTU 24.1.
Emplacement : Le plus souvent, la position du poêle à bois est contrainte par un conduit de fumée préexistant. A cet endroit, il faut vérifier que le sol soit suffisamment solide pour recevoir le poids de l’appareil. Certains poêles avec un manteau accumulateur pèsent parfois plus de 300 kg. Comptez plutôt autour de 100 kg pour une finition fonte ou acier.
Distance de sécurité - sol : Si le sol est sensible à la chaleur, il doit être protégé par une plaque incombustible, en acier ou en verre le plus souvent. Celle-ci a des dimensions plus importantes que l’emprise au sol du poêle à bois. Elle doit couvrir une zone devant le poêle (50 cm par exemple) et sur les côtés (20 cm par exemple). Ces distances sont indiquées dans la notice selon les préconisations du fabricant.
Distance de sécurité – poêle : On compte généralement une distance de sécurité de 80 cm sur le devant du poêle à bois et 20 cm sur tout le pourtour par rapport aux matériaux combustibles. Il n’y a toutefois pas de « norme » et il faut de nouveau se reporter aux indications présentes dans le manuel.
Attention, si vous optez pour un poêle à bois avec plusieurs faces vitrées, les distances de sécurité seront plus importantes sur toute la zone de rayonnement.
Définition : Le conduit de raccordement assure le passage des fumées entre la buse (sortie des fumées au niveau du poêle) et le conduit de fumée. Souvent, il va du poêle jusqu’au plafond intermédiaire.
Le conduit de raccordement fait le lien entre le poêle et le conduit de fumée.
Boite à suies : Si le raccordement du poêle à bois se fait par l’arrière, il faut mettre en œuvre un té pour récolter les suies. Si le raccordement se fait sur le dessus, l’appareil devrait déjà comporter cet élément interne.
Géométrie : Le conduit de raccordement doit être étanche, d’un diamètre identique ou supérieur à celui de la buse, le plus court et le plus direct possible. Si ce conduit possède des coudes (ou dévoiements), la somme des changements de direction ne doit pas dépasser 180°. Il est préférable d’utiliser 2 coudes à 45° au lieu d’un dévoiement à 90°. Cela limite les pertes de charge et évite une partie horizontale où pourrait s’accumuler les suies.
Exemples de conduits de raccordement avec buse à l’arrière et sur le dessus.
Dans le cas où le conduit de raccordement présente un tronçon d’allure horizontale pour « rattraper » le conduit de fumée, celui-ci devra avoir une pente ascendante de 3%. Il est recommandé de ne pas dépasser 2 mètres pour cette partie, même si la norme autorise jusqu’à 3 mètres.
Distances de sécurité : Le conduit de raccordement est souvent réalisé à l’aide d’un conduit métallique simple paroi (non isolé). Dans ce cas, il faut respecter une distance de sécurité de 3 fois le diamètre par rapport aux matériaux combustibles avec un minimum de 375 mm. Par exemple, pour un conduit métallique de 150 mm, une distance de 45 cm est à respecter par rapport à un mur combustible.
Distances de sécurité par rapport aux parois inflammables.
Il est toutefois possible de réduire par 2 ces distances de sécurité dans les cas suivants, en conservant toujours un minimum de 200 mm :
Soit en mettant en œuvre un habillage ventilé autour du conduit simple paroi ce qui va réduire son rayonnement.
Soit en installant une cloison ventilée contre la paroi à l’arrière du poêle.
Mise en œuvre d’un habillage ventilé.
Une autre possibilité est d’opter pour un conduit isolé. Pour une résistance thermique du conduit entre 0.4 et 0.6 m².K/W, comptez une distance de sécurité de 8 cm.
Définition : Le conduit de fumée évacue les fumées à l’extérieur de la maison. Dans le cas le plus simple, il prend naissance au niveau du plafond intermédiaire (jonction avec le conduit de raccordement). Mais il peut aussi débuter dans un sous-sol.
Diagnostic : Dans le cas d’un conduit de fumée existant, le professionnel doit s’assurer de sa conformité avec le nouvel appareil en termes de résistance aux températures, de tracé, d’isolation, de section, ou d’étanchéité.
Chemisage ou tubage : Bien souvent, ce conduit de fumée doit être repris soit par chemisage, soit par tubage.
Le chemisage consiste à appliquer un enduit spécial pour rénover le conduit de fumée existant. Cette technique nécessite un temps de séchage (3 semaines environ).
Chemisage par projection de mortier.
Le tubage consiste à placer un tube indépendant à l’intérieur du conduit de fumée qui va être directement aux normes. Il n’y a alors pas besoin de réaliser un test fumigène pour s’assurer de son étanchéité. Ce tubage peut être réalisé par des éléments rigides ou flexibles.
En pratique, c’est souvent cette solution qui est préférée car plus facile et rapide à mettre en œuvre. Elle a toutefois l’inconvénient de réduire la section du conduit de cheminée si celui-ci est un peu « juste ».
Dimensionnement : Un calcul de dimensionnement doit impérativement être fait pour vérifier la conformité du conduit de fumée. Pour cela, on peut utiliser une application gratuite comme « Conduits Réno » qui reste très facile d’accès et permet de générer un rapport de conformité. Pour avoir un repère, un tubage avec un diamètre de 150 mm et une hauteur d’au moins 4 mètres permet généralement d’obtenir un tirage suffisant.
Géométrie : Le conduit de fumée doit être le plus droit possible et respecter les contraintes suivantes :
Pas plus de 2 dévoiements
Angle de 45°C maximum par dévoiement pour les conduits métalliques isolés
Angle de 20°C maximum pour les conduits maçonnés
Hauteur maximum de 5 mètres entre les 2 coudes
Sortie de toiture : Dans le cas d'une toiture classique, le débouché du conduit doit être situé à au moins 40 cm au dessus de toute partie de construction distante d'au moins 8 mètres.
Distances de sécurité : Les distances de sécurité par rapport aux matériaux combustibles dépendent du niveau d’isolation des matériaux mis en œuvre.
La résistance thermique notée R et exprimée en m².K/W traduit le niveau d’isolation. Plus cette valeur est élevée, plus l’isolation est forte et plus les distances de sécurité sont réduites.
On remarque qu’il n’est pas possible d’utiliser un tubage métallique non isolé qui présente des risques d’incendie et de brûlures.
Traversée d’isolation : Si le conduit de fumée traverse une paroi isolée, un isolant incombustible doit être mis en place à sa périphérie pour assurer la continuité de l’isolation. Il se présente souvent sous la forme d’une « coque » découpable.
Mise en œuvre d’une coquille isolante.
Coffrage : Pour prévenir des risques de brûlures, un conduit de fumée métallique doit être protégé par un coffrage dans chaque pièce où il est accessible, sauf dans celle où se situe le poêle. Il est possible de coffrer ce conduit de fumée si la distance vis-à-vis des matériaux combustibles est satisfaite. Sinon, il faut utiliser des matériaux incombustibles (classe au feu A1 ou A2s1d0). Dans les deux cas, le coffrage devra être ventilé en permanence par des ouvertures hautes et basses.
La combustion du bois requiert de l'oxygène amené par l'air extérieur. Cet apport d'air peut se faire de manière directe ou indirecte.
Arrivée d'air directe ou canalisée : Dans ce cas, l'amenée d'air se fait directement par un conduit donnant sur l'extérieur (ou sur une zone en permanence ventilée sur l'extérieur). Cette solution est notamment conseillée en cas de présence d'une ventilation mécanique ou d’une hotte aspirante. Il n'y a ainsi pas d'interférences entre les systèmes.
Arrivée d'air indirecte : Ici, l'air est amené par un trou donnant sur l'extérieur (ou sur une zone en permanence ventilée sur l'extérieur).
Position de l'arrivée d'air : L’ouverture doit garantir un passage d’au moins 50 cm² pour un poêle à bois d’une puissance inférieure à 25 kW. Elle doit être positionnée à moins 30 cm de hauteur par rapport au sol extérieur pour éviter toute obstruction et de préférence, face aux vents dominants pour prévenir d’une inversion du tirage.
Arrivée d'air et vide sanitaire : Il est possible de prendre l’air comburant dans un garage, une cave ou un vide sanitaire à condition que cet espace soit ventilé en permanence sur l’extérieur. C'est le cas si la section des ouvertures sur l'extérieur (en cm²) vaut au moins 5 fois la surface au sol (en m²). Exemple pour un vide sanitaire de 100 m² : les ouvertures sur l'extérieur doivent avoir une superficie d'au moins 500 cm².
Tirage : Une fois tous les éléments en place, le professionnel peut réaliser une mesure de tirage à l’aide d’un déprimomètre. A puissance nominale, les fabricants préconisent généralement une valeur de 12 Pa.
Il renseigne ensuite le particulier pour une bonne utilisation de son appareil.
Stockage des bûches : Par exemple, les bûches utilisées doivent être bien sèches (20% d’humidité maximum ce qui correspond à environ 2 ans de séchage) et stockées dans un abri bien ventilé à l’abri de la pluie.
Entretien : Aussi, il est nécessaire d’évacuer au moins une fois par jour les cendres présentes sur la grille de combustion et de vider le bac placé dessous. Attention, si la vidange du bac à cendres n’est pas faite à temps, des cendres peuvent entrer en contact avec la grille et l’endommager.
Concernant le ramonage, il doit obligatoirement être réalisé par un professionnel au moins une fois par an et donner lieu à une attestation de conformité dans un délai de 15 jours (décret n° 2023-641).
Premier allumage : Le premier allumage doit permettre une montée progressive en température pour laisser les matériaux se dilater tranquillement (risques de fissures sur les plaques en vermiculite par exemple). Il se peut que l’appareil dégage des vapeurs liées au séchage des matériaux. C’est un phénomène normal qui nécessite de bien aérer la pièce.
Fonction cuisson : Certains appareils au bois sont plus polyvalents et disposent d'une fonction cuisson. Il peut s'agir d'un poêle à bois avec four ou d'une cuisinière qui intègre des plaques en plus. Un temps d'apprentissage est requis afin de bien maîtriser la cuisson.
L’installation d’un poêle à bois est assez complexe et souvent confiée à un professionnel pour des raisons de sécurité. L’ouvrage de fumisterie doit en effet respecter de nombreuses contraintes en termes de géométrie (tracé le plus droit possible, diamètre adapté) ou de distances de sécurité par rapport aux matériaux inflammables. Une arrivée d’air est également indispensable. Le technicien a aussi un rôle de conseils pour vous guider dans la bonne utilisation de votre appareil.