Les inserts à granulés présentent de nombreux avantages en remplacement d’une cheminée traditionnelle : meilleur rendement, fonctionnement automatique, température maîtrisée, entretien plus facile… Mais ils ne sont pas exempts de défauts pour autant.
On trouve les deux termes mais le fonctionnement des appareils est strictement identique.
Insert : Un insert à granulés a une forme très compacte et se destine à être encastré dans une cheminée existante. Il est équipé d’un support avec des glissières coulissantes de façon à pouvoir être extrait facilement lors des opérations de maintenance (comme un tiroir de cuisine).
A gauche, insert encastré. A droite, création d’un foyer.
Foyer : On parle de foyer lorsque l’insert est utilisé pour la création d’une cheminée. Dans ce cas, il est surélevé par un support (fourni en option) et un habillage est créé tout autour de l’appareil.
Combustion : Les granulés de bois sont acheminés depuis le réservoir vers le brûleur grâce à une vis sans fin.
Pour que leur combustion se produise, il faut de la chaleur et de l’oxygène. La chaleur est apportée par la bougie d’allumage qui fonctionne une petite dizaine de minutes le temps que la combustion s’entretienne par elle-même.
La combustion nécessite 3 ingrédients réunis dans le brûleur : granulés, oxygène et chaleur.
L’oxygène est le plus souvent pris à l’extérieur du logement par un flexible. Il est amené au niveau du brûleur par l’extracteur des fumées.
Diffusion de la chaleur : Cette combustion génère de la chaleur. Pour l’exploiter, un ventilateur de convection capte l’air ambiant en partie basse et le fait circuler derrière le foyer pour le réchauffer. L’air chaud ressort ensuite en partie haute.
La combustion des granulés produit aussi des fumées, qui sont évacuées vers le conduit, et des cendres, qui tombent dans un bac situé sous le brûleur.
Sécurité : De nombreux équipements de sécurité surveillent en permanence le fonctionnement des différents composants. On peut citer les sondes de températures au niveau du réservoir et de l’extracteur des fumées qui coupent l’appareil si la température est trop haute.
La carte électronique veille au grain selon les infos remontées par les différents capteurs.
Aussi, le pressostat vérifie que le tirage est normal et arrête l’insert en cas d’anomalie (conduit bouché). Enfin, des temporisations au niveau du logiciel contrôlent que tout est normal. Par exemple, si l’insert ne s’allume pas au bout d’un temps donné, il se mettra en sécurité.
En 1 mot : L’insert à granulés fonctionne de façon entièrement automatique ce qui le rend bien plus pratique qu’un insert bois. En contrepartie, on perd en fiabilité du fait de la présence de composants électroniques.
Performances : Les inserts à granulés sont très performants car la combustion est ajustée en temps réel par le logiciel de l’appareil. Il dose ainsi en permanence la quantité de granulés et d’air comburant nécessaire pour obtenir la combustion la plus « parfaite » possible (sous réserve que l’installation soit correcte).
Un insert à granulés remplace efficacement une cheminée ouverte.
Le rendement atteint ainsi au moins 87 %, c’est 12 points de plus que sur un insert bois récent et sans commune mesure avec un appareil à foyer ouvert (rendement entre 10 et 15 %).
Label Flamme Verte : Pour être éligible aux aides financières, les inserts à granulés doivent afficher les performances définies par le label Flamme Verte 7 étoiles.
Bilan environnemental : Sur ces appareils récents dont la combustion est optimisée, les émissions de particules sont très réduites. De plus, le bilan carbone est très favorable et estimé autour de 42 g de CO2 par kWh par l’Ademe (contre plus de 300 g pour une chaudière au fioul par exemple).
Il existe différentes technologies pour les inserts à granulés concernant la diffusion de la chaleur.
Inserts à granulés ventilés : Classiquement, un ventilateur de convection propulse la chaleur par des aérations créées au niveau de l’habillage ou au niveau d’une grille frontale. De cette façon, la chaleur est diffusée plus rapidement et plus loin que sur un insert bois à convection naturelle.
Inserts à granulés ventilés et canalisables : Ces appareils disposent d’un ou deux ventilateurs supplémentaires afin de mieux répartir la chaleur vers des pièces adjacentes.
Les canalisations permettent de mieux répartir la chaleur.
La longueur des gaines est généralement limitée à 8 mètres selon les fabricants. Retenons que plus elles sont courtes et avec une trajectoire « droite », plus elles seront efficaces. L’idéal est donc de chauffer une pièce directement à l’arrière de l’insert (une cuisine fermée par exemple) ou au-dessus (chambre). Ces canalisations sont souvent proposées en option : un modèle canalisable peut donc la plupart du temps être utilisé comme un insert ventilé classique.
Inserts à granulés hydro : Ces appareils sont connectés au réseau de chauffage central. La plus grande partie de la chaleur alimente les radiateurs à eau de l’habitation ce qui permet une meilleure répartition de la chaleur. Ces inserts à granulés restent cependant assez peu diffusés car peu de professionnels sont formés à leur installation.
Attention ! En remplaçant un insert à bûches par un insert à granulés de même puissance, il y a un risque d’être déçu : « Ca ne chauffe pas aussi bien que les bûches ! ». En effet, il n’est pas rare de faire fonctionner un insert à bûches en sur-régime en augmentant la charge de bois normalement prévue (mettre 3 bûches au lieu de 2). Ainsi un insert à bûches de 10 kW peut fonctionner temporairement à 12 ou 14 kW. Cette « adaptation » n’est plus possible avec un insert à granulés qui ne peut pas fonctionner au-dessus de sa puissance nominale.
Repères sur la puissance : Pour éviter les mauvaises surprises, il faut donc bien déterminer la puissance nécessaire. Cette tâche incombe à votre installateur.
Exemple : Une surface à chauffer de 80 m² avec une hauteur sous plafond de 2.5 mètres a un volume de 200 m3 (80 x 2.5). Avec une isolation moyenne et un climat tempéré, la puissance indicative est de 8 kW (200*40 = 8 000 W).
Volume à chauffer : L’insert à granulés constitue un unique point chaud. De ce fait, les températures diminuent à mesure que l’on s’en éloigne. Pour cette raison, on dimensionne l’insert uniquement pour le salon et les espaces ouverts sur celui-ci. Les pièces fermées type chambres doivent bénéficier d’un chauffage indépendant (ou d’une canalisation).
L’installation efficace d’un insert à granulés ne peut se faire qu’avec l’aide d’un professionnel compétent. Il devra notamment étudier les points suivants :
Distances de sécurité : Par définition, l’insert à granulés est encastré dans une ancienne cheminée ou revêtu d’un nouvel habillage. Pour éviter la surchauffe, des espaces latéraux et arrière doivent être ménagés selon les indications du fabricant. Les distances de sécurité varient selon que les matériaux utilisés soient incombustibles ou non.
Conduit de fumée : Le conduit de fumée doit impérativement débouché en zone 1 (au dessus du faîtage). Si un conduit est déjà préexistant, il est le plus souvent retubé pour assurer une bonne étanchéité.
Arrivée d’air comburant : Il est généralement pris à l’extérieur du logement. De cette façon, il n’y a pas de risques d’interférences avec les autres systèmes en place dans le logement (VMC, hotte). De plus, l’apport en air est garanti en toutes circonstances même si vous réalisez des travaux d’étanchéité par la suite : changement des fenêtres, nouvelle isolation…
L’installation d’un insert à granulés ne s’improvise pas !
Air de convection : Une circulation d’air doit être mise en place autour de l’insert pour éviter les surchauffes (entrée d’air ambiant froid en partie basse, sortie d’air chaud en partie haute).
Certification Qualibois : La certification Qualibois du professionnel vous oriente vers un professionnel formé spécifiquement sur ce type de chauffage. Elle est d’ailleurs impérative pour bénéficier des aides financières mais ne constitue pas un gage automatique de qualité.
Fonctionnement automatique : Les inserts à granulés peuvent s’allumer automatiquement et sans la présence de l’utilisateur. De ce fait, ils sont aussi programmables ce qui les rend très pratiques à l’utilisation mais tous les appareils ne se valent pas sur ce point.
L’allumage se fait en un clic.
Les meilleurs logiciels proposent 3 plages de programmation par jour avec une température différente pour chaque plage horaire. Les moins bons offrent « seulement » 2 programmes valables pour tous les jours de la semaine. Il faut donc s’assurer que la programmation correspond bien à votre mode de vie.
Régulation des températures : Autre point fort, l’insert à granulés adapte sa puissance par rapport à la température demandée. En règle générale, il permet d’obtenir la consigne souhaitée à 1°C près. Par exemple, pour une température de 20°C, l’insert va démarrer à 19°C puis s’éteindre à 21°C. Cette sensibilité peut être réglable ou non selon les modèles.
Sur ce point, une télécommande qui intègre la sonde d’ambiance est un plus. Elle permet de prendre la « vraie » température de la pièce plutôt que celle à proximité du chauffage.
Intuitivité : Les interfaces des fabricants ne sont pas toujours intuitives notamment en ce qui concerne la programmation. Pour une plus grande facilité d’utilisation, vous pouvez opter pour le Wifi proposé en option par la plupart des fabricants. Il permet de piloter son appareil à distance et d’avoir une interface plus conviviale sur Smartphone.
Mais les inserts à granulés requièrent tout de même une présence humaine quotidienne pour l’entretien. Cela rend cette solution de chauffage tout de même contraignante et pas forcément adaptée à tous les publics.
Tous les jours (5 minutes) : Le nettoyage du creuset doit se faire quotidiennement, appareil éteint. L’utilisateur aspire l’intérieur du brûleur pour laisser les orifices d’air comburant bien dégagés. La vitre peut aussi être nettoyée à cette occasion même si cela n’influence pas le comportement de l’insert (intérêt esthétique uniquement).
L’entretien quotidien est à bien prendre en compte dans la programmation de l’appareil.
Toutes les semaines (5 minutes) : La chambre de combustion est brossée au pinceau puis aspirée. Le tiroir à cendres est vidé (dans le jardin par exemple).
Une fois par an : Un entretien exceptionnel réalisé par un professionnel est impératif. Il effectue un nettoyage approfondi du poêle (extracteur des fumées, échangeurs de chaleur) et contrôle le bon état des différents joints (porte, réservoir, tiroir à cendres). Un ramonage est également assuré. Comptez autour de 180€ pour cette prestation.
Un sac de granulés de 15 kg représente environ 1 journée d’autonomie en plein hiver. De prime abord, le réservoir des inserts à granulés peut paraitre assez faible du fait de leur grande compacité. On trouve en effet des modèles avec une contenance de 8 à 10 kg. Mais celle-ci peut parfois être augmentée lors de l’installation :
Installation standard : Si la place est restreinte (cas d’une cheminée existante), il est possible de recharger directement le réservoir de l’insert en le faisant coulisser sur ses rails.
Système de tiroir : Si la place le permet, on peut installer un tiroir pour un rechargement frontal ce qui facilite les opérations.
Les granulés sont chargés sur le devant puis poussés dans le réservoir à l’aide d’un outil.
Système de toboggan (à privilégier) : Idéalement, on place une trappe sur le côté de la cheminée avec un toboggan qui fait office de réservoir supplémentaire.
Avec ce système, il n’est pas rare d’atteindre les 45 kg de granulés soit 3 jours d’autonomie.
Masse : Le poids des appareils reflète bien souvent la qualité de fabrication d’un appareil. Il faut compter au moins 100 kg pour un insert à granulés de bonne facture.
Ventilation : La ventilation forcée qui diffuse la chaleur occasionne un bruit continu qui peut être gênant en cas d’écoute prolongée. Nous vous conseillons d’opter pour un modèle dont la vitesse de ventilation se règle de 1 à 5. Cela apporte plus de souplesse dans la gestion du bruit. Idéalement, il doit être possible de paramétrer ce niveau de soufflerie directement dans la programmation pour rendre cette gestion plus automatique.
La ventilation frontale peut être une source de bruit.
D’une façon générale, les utilisateurs rapportent un niveau sonore confortable sur les réglages 1 et 2 voire 3/5. Au-delà, la gêne est présente et il faudra programmer les montées en température pendant l’absence des occupants (avant le lever ou le retour du travail).
Notons que le « mode silence » qui permet de couper totalement la soufflerie est rarement disponible pour les inserts à la différence des poêles à granulés. Cela s’explique car l’encastrement rend le refroidissement du chauffage plus difficile sans ventilation forcée.
Vis-sans-fin : La vis sans fin assure l’alimentation du foyer en faisant tomber les granulés depuis le réservoir. La plupart du temps, la rotation de cette vis est discontinue et peut parfois se remarquer (action du moteur toutes les 5 secondes : « Vvvvv », « Vvvvv »), surtout lorsque la vitesse de ventilation est faible. Sur les modèles les plus avancés, elle tourne de manière perpétuelle et tout à fait silencieusement.
L’insert à granulés Rika Interno est doté d’une vis sans fin continue
Matériau du creuset : Le creuset réceptionne les granulés acheminés par la vis sans fin et cette chute peut aussi se remarquer. Un creuset en fonte sera plus performant (pas de résonance) qu’un creuset en acier. Pour les différencier en magasin, notez qu’un creuset en fonte pèse plus lourd et ne résonne pas lorsqu’on lui donne une pichenette.
Marques : Tous les « gros » fabricants possèdent un insert à granulés dans leur catalogue. Il faut principalement veiller à l’implantation de la marque sur votre secteur. En effet, si votre revendeur initial ferme ses portes, quelqu’un doit pouvoir assurer la maintenance de l’insert. Les fabricants les mieux implantés indiquent sur leur site internet la liste des centres techniques à contacter en cas de problèmes.
En remplacement d’une ancienne cheminée, l’insert à granulés apportera de nombreux avantages : rendement supérieur, fin de la corvée de bois, température régulée automatiquement, programmation du chauffage. Attention toutefois à bien doser la puissance nécessaire afin de ne pas être déçu.
Comparés aux poêles à granulés, les inserts restent plus coûteux, sans ventilation désactivable et avec une offre moins fournie. L’intérêt majeur de l’insert à granulés réside dans son caractère encastrable qui lui confère généralement une autonomie supérieure et une esthétique plus travaillée.